

Le BOFiP du 27 août 2026 actualise la doctrine administrative applicable aux fonds d’investissement de proximité, notamment aux FIP Corse.
La publication confirme surtout une particularité importante : alors que l’avantage fiscal attaché aux FIP ordinaires a été supprimé, le FIP Corse conserve son régime de faveur.
Les contribuables fiscalement domiciliés en France qui souscrivent en numéraire des parts de FIP investis dans des entreprises corses peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu de 30 %.
Le dispositif suppose que le fonds consacre au moins 70 % de son actif à des titres ou avances en compte courant de sociétés exerçant leur activité dans des établissements situés en Corse.
Les versements sont retenus dans la limite annuelle de :
- 12 000 € pour une personne célibataire, veuve ou divorcée ;
- 24 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.
Attention toutefois : la réduction n’est pas nécessairement égale à 30 % de la totalité de la somme effectivement versée. La base dépend également du quota d’investissement auquel le fonds s’est engagé.
La mise à jour du BOFiP apporte surtout des précisions utiles sur ce point.
En principe, la société financée doit avoir l’ensemble de ses établissements situés en Corse au moment du premier investissement réalisé par le FIP.
L’administration admet toutefois qu’une entreprise disposant également d’un établissement hors de Corse puisse satisfaire à la condition lorsque ses établissements corses remplissent au moins deux des trois critères suivants :
- ils représentent au moins 90 % du chiffre d’affaires total ;
- au moins 90 % des effectifs permanents ;
- ou au moins 90 % des immobilisations brutes utilisées par l’entreprise.
Cette précision est particulièrement intéressante pour les entreprises corses qui commencent à développer une activité sur le continent sans que leur ancrage économique principal dans l’île soit remis en cause.
Lorsque le FIP investit dans une holding non cotée détenant des sociétés opérationnelles, les conditions sont plus strictes.
La holding doit conserver son siège social en Corse, tandis que les sociétés opérationnelles concernées doivent avoir l’ensemble de leurs établissements situés en Corse.
La structuration juridique du groupe doit donc être examinée avec attention avant une levée de fonds.
La loi de finances pour 2026 a également prévu :
- de porter de 30 à 48 mois le délai laissé aux FIP Corse pour atteindre leur quota d’investissement ;
- de relever de 15 M€ à 16,5 M€ le plafond de financement pouvant être reçu par une entreprise dans le cadre de ces dispositifs.
Ces évolutions vont dans le sens d’un financement plus souple des entreprises concernées.
Le FIP Corse présente un double intérêt.
Pour l’investisseur, il permet de bénéficier d’une réduction d’impôt tout en participant au financement d’entreprises implantées dans l’île.
Pour les entreprises corses, il constitue surtout un outil d’accès aux fonds propres, qui peut accompagner leur création, leur développement ou certaines opérations de croissance.
La mise à jour du BOFiP du 27 août 2026 rappelle ainsi que le dispositif doit être regardé non seulement comme un mécanisme d’incitation fiscale, mais aussi comme un outil de financement de l’économie corse.
BOFiP, 27 août 2026, BOI-IR-RICI-100 et suivants – CGI, art. 199 terdecies-0 A.